La polémique au sujet de l’échec de Komi Koutché à la
présidence de l’Assemblée nationale s’enfle. Au nombre de ceux qui
enfourchent la trompette pour accuser un ministre-député et beau frère du président
de la République d’avoir trahi l’idéal des FCBE figure le chef de l’Etat, Boni
Yayi.
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Boni Yayi aurait pu se passer de ses phrases de trop |
Entre Boni Yayi et Marcel de Souza, le Rubicon semble
être franchi. Au cours d’une de ses sorties à Parakou, le chef de l’Etat, Boni Yayi, a publiquement accusé Marcel de Souza de traitre. Selon lui, c’est ce dernier qui n’aurait pas voté pour le
candidat unique des FCBE au poste de président de l’Assemblée nationale. Pis, il
ajoutera que son beau-frère aurait été corrompu par les opposants à son régime.
Une grave accusation du chef de l’Etat contre l’un de ses
plus proches collaborateurs. Boni Yayi vient donc authentifier la déclaration des FCBE et les attaques par
médias interposés.
Quand on sait que le scrutin pour l’élection du bureau de l’Assemblée
nationale est en mode secret, comment diantre les FCBE et leur chef pourraient-ils
indiquer avec certitude que c’est le ministre Marcel de Souza qui n’aurait pas
voté pour Komi Koutché ?
Ce qui est une
évidence, à l’issue des législatives du 26 avril dernier, les FCBE ont obtenu
33 députés.
Mieux, on se rappelle l’implication personnelle du chef de l’Etat
dans la campagne électorale. Il avait appelé les
électeurs à ne voter que pour la
liste FCBE. Alors, on conviendrait à
juste titre que les candidats présentés par les autres listes, aux yeux de Boni
Yayi, sont ses adversaires. De cette
vue, les 50 autres élus sont en principe des opposants. Ainsi donc, on peut s’imaginer
que les autres députés qui ont permis au candidat des FCBE à la présidence
de l’Assemblée nationale d’obtenir 41 voix
contre 42 pour Adrien Houngbédji sont des traîtres. Avant d’accuser Marcel de Souza, Boni Yayi devrait donc pour
l’honnêteté expliquer comment il a pu
s’y prendre pour rallier 9 autres élus à la cause des FCBE. C’est une
lapalissade qu’un député de l’alliance ABT avait déclaré urbi et orbi avoir été
approché par les FCBE afin qu’il cède sa procuration contre des millions de
francs CFA.
A malin, malin et demi
On pourrait aussi faire observer que les FCBE ont bénéficié des
services de certains traîtres pour tenir le challenge face au candidat de l’opposition,
Adrien Houngbédji. De ce point de vue, eux et leur leader sont disqualifiés
pour traiter d’autres de traîtres. Il faut juste constater que le choix de
Komi Koutché à la présidence de l’Assemblée nationale est une dictature à
l’interne au sein des FCBE qui ne saurait être sans opposition à cause des
frustrations qu’il a engendrées. Que Marcel de Souza ait voté contre Komi Koutché
ou pas, il ne revient pas à Boni Yayi de se lancer dans des discussions de bas étages
pour engager la responsabilité de ce dernier. Ce job conviendrait mieux aux fous
du roi ou autres. En victimisant le beau-frère national, Boni Yayi
ferait sans doute de lui, un
héros politique comme ce fut le cas avec Candide Azannaï.
E.Z.